Camps de Tindouf : Arrestations d’opposants sahraouis par l’Algérie !

Que se passe-t-il dans les camps des « réfugiés sahraouis » de Tindouf, dans le sud-ouest algérien ? La question mérite d’être posée, car nombreux sont les échos et les témoignages qui parlent d’arrestations opérées par les services de sécurité algériens, au cours des dernières semaines, de  plusieurs opposants au leader du Polisario dans les camps de Tindouf. Ces opérations viennent en représailles à un vaste mouvement de dissidence interne, même s’il n’est pas encore bien structuré, au Polisario, mettant en cause la direction du Polisario et sa politique figée et obstructionniste dans les négociations avec le Maroc.
En effet, des voix, de plus en plus fortes et hardies, commencent à se manifester, dans la contestation et la dissidence à la ligne dure et hermétique de la direction du Polisario qui ne permet ni discussion ni critique interne quant à l’avenir des camps et à la poursuite des négociations avec le Maroc.

Le premier de ces mouvements est Khatt Achahid, La Ligne du Martyr,  et ses différentes factions. D’autres mouvements dissidents existent et essaient de s’organiser, mais ils sont durement réprimés par la milice du Polisario et par la Sécurité militaire algérienne. Dans ce climat d’oppression, les téléphones cellulaires sont systématiquement interdits et confisqués, avec en prime arrestation, interrogatoire musclé et parfois torture par les éléments des services de la Sécurité militaire algérienne. Plusieurs opposants sahraouis sont ainsi arrêtés et mis au secret, alors que le reste des militants est mis sur écoute par les services de renseignement algérien.
C’est ainsi que  le coordonnateur de la faction dissidente 'Polisario-Khatt Achahid' dans les camps de Tindouf, Fadli Baba Jouli, a été empêché d'entrer dans les camps par la milice du Polisario.  
Dans ce contexte, il est à rappeler la dernière rencontre de Madrid sur le Sahara, organisée en mai dernier par quelques universités publiques espagnoles qui a été le théâtre de violentes diatribes contre la direction du Polisario et de son chef, Mohammed Abdelaziz. Lors de cette manifestation politico-culturelle, le coordinateur en Espagne du mouvement dissident du Polisario 'Khatt Achahid', Mahjoub Salek, a sévèrement critiqué la direction du Polisario et stigmatisé la position ambigüe de l'Algérie sur le conflit du Sahara.  
Il est à rappeler que le dissident Salek avait apostrophé l'ambassadeur d'Algérie en Espagne, présent lors de cette session, en ces termes : « Si l'Algérie veut que les Sahraouis restent à jamais dans les camps de Tindouf, qu'elle améliore au moins leurs conditions de vie ! ».
Par ailleurs, les autres militants sahraouis qui ont participé à cette rencontre ont appelé le Maroc à « cesser toute négociation avec le Polisario car il ne représente pas les Sahraouis de Tindouf ».  
L’un d’eux, Abderrahim Berdiji, activiste sahraoui vivant en Espagne n’avait-il pas martelé, haut et fort qu’il y avait « plusieurs courants et mouvements de Sahraouis qui refusent d'être représentés par cette junte qui dirige le Polisario et réclament eux aussi une voix au chapitre et une place à la table des négociations pour trouver une solution à ce conflit qui n'a que trop duré ! ».
La question qui se pose dès lors est la suivante : Que représente le Polisario dans les faits ? Et comment peut-il s’arroger longtemps le droit exclusif de représenter les sahraouis de Tindouf ?

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